Pérou – La belle aventure jusqu’au Machu Picchu

Chers internautes,

 

Nous voilà donc arrivés à l’une de nos grosses aventures d’Amérique du sud qui n’aura pas été simple à raconter. Voici donc notre histoire de 4 jours jusqu’au Machu Picchu !

Tout commença deux semaines plus tôt quand on a commencé à s’intéresser plus sérieusement à notre passage à Cusco, le point de départ pour se rendre au très célèbre sanctuaire Inca, le Machu Picchu. Allez, soyons familiers et surnommons-le MP, ce sera bien plus simple pour nous tous. Donc, nous disions… Deux semaines plus tôt, en rencontrant également d’autres voyageurs sur notre route et en lisant plus attentivement les mentions écrites en tout petit, type « si vous êtes intéressés par l’Inca Trail, il faut réserver six mois à l’avance… », un grand « gloups » général retentit et notre rêve de réaliser cette expérience de fou fut d’un coup menacé. Oui, nous ne sommes pas des gens très organisés qui planifions longtemps à l’avance, du moins plus maintenant.

Bref, pris d’un coup de panique, nous avons consulté les différents sites internet qui proposent l’Inca Trail (le plus célèbre trek qui mène au MP) ainsi qu’une multitude de treks et de chemins alternatifs pour se rendre au MP, et avons bien constaté que c’était atrocement cher pour… juste marcher (compter 450€ pour 4 jours, tout inclus excepté le pourboire). Mais bon, l’expérience se voulait insolite et très populaire, nous ne voulions pas passer à côté. En mars 2012, Flo, accompagné du fidèle acolyte Fabien, partait au Pérou, faire le Jungle Trail, un trek qui allie VTT, rafting et randonnée, avant de rejoindre le MP. (Eh ouais, il y en a qui font deux fois le Machu Picchu dans une vie, que voulez-vous…)

Donc, pour ne pas se restreindre aux prix proposés par internet, nous avons contacté Ecopackers, l’auberge où avait résidé Flo deux ans plus tôt et qui proposait également les services d’une agence de voyage. Et… Bingo ! En cette basse saison touristique, il restait des places pour le fameux Inca Trail et ce à un prix très compétitif, soit 390US$ (soit 285€). Une réservation par paiement Western Union et du 30 novembre 2013 au 3 décembre 2013, nous partions fouler le chemin des Incas jamais découvert par les conquistadors

 

Quelques mots sur Cusco

Depuis Arequipa, nous avons rejoint Cusco en bus pour 70S (18,25€) par personne avec Oltursa qui s’est révélée être une excellente compagnie.

A Cusco, nous avons créché à Ecopackers (10,50US$/pers/nuit, dortoire de 18  lits) qui n’est pas l’auberge la moins chère mais qui a le mérite d’être très bien placée et d’être très propre.

A notre arrivée à Cusco, ça sent le froid et ceci annonce la couleur des prochains jours, enfin, des prochaines semaines plutôt, ici au sud du Pérou comme en Bolivie. En pleine après-midi, sous le soleil, il y fait chaud. En revanche, dès qu’un nuage se présente, les polaires se révèlent indispensables !

Cusco est considérée comme la capitale culturelle d’Amérique latine. Elle est le centre clé, le point phare, de toute la puissance de la civilisation Inca au 15ème siècle de notre ère. La ville est aujourd’hui très touristique et il faut le dire, pleine de charme. Les rues du centre historique sont propres et même aménagées pour les handicapés !

Pour être un voyageur « in » et branché en Amérique du sud, il faut s’équiper d’un pull en laine d’alpaca, d’un bonnet péruvien en laine d’alpaca et/ou de chaussettes en laine d’alpaca. Tout le monde se balade avec cette panoplie très locale qui peut se révéler bon marché ou très chère selon la finition. Le tout gratouille mais est plutôt confortable et sans conteste très douillet. Malgré le look « grand-mère qui boit son thé près du feu », pour se protéger du froid, les vêtements en laine d’alpaca sont très efficaces pour lutter contre le froid. Ceci dit, tout se révèle inutile et encombrant dès lors où on franchit la frontière entre la Bolivie et l’Argentine et où on peut se prendre facilement 15°C dans la face. Tout ça pour dire qu’à Cusco, nous nous sommes bien équipés pour ce froid peu familier.

 

Spécialités culinaires

Comme partout autour de la planète, nous avons testé tout au long de notre voyage un tas de spécialités, rarement décevantes. A Cusco, nous avons donc essayé l’Aji de Gallina (aux influences françaises et espagnols, ce met est composé de poulet, oignons, ail, piment, crème, olives et riz), le Lomo Saltado (bœuf sauté servi le plus souvent avec du riz) et surtout… le Ceviche, et notamment comme nous l’avons testé, « especial con chicharrones de calamar » (poisson cru servi ici avec du maïs sauté et du calamar fri). Oui, tout ça est aussi bon que ça en a l’air. Malheureusement, cette fois-ci, nous n’aurons pas testé la « spécialité chelou » du pays qui est le « cuy » (prononcé « couille ») qui est tout simplement, du cochon d’Inde, oui du « pig-guinea », le même qu’on utilise comme animal domestique mais en plus gros ! Rien d’insolite pour nous du coup…

Un délicieux Aji de Galina

Un délicieux Aji de Galina

Au détour de l’une de nos promenades, nous avons découvert un endroit très sympa pour prendre le goûter (bien moins cher que les restaurants du centre historique). Située dans la rue Garcilazo de la Vega, « El Frutal Jugueria » propose de très bons jus d’orange et de nombreux mélanges de glace et de fruits. Bref, parfaite pour les petits creux à toutes heures de l’après-midi.

La recette du bonheur : de la glace et des fuits !

La recette du bonheur : de la glace et des fuits !

 

A Cusco

A Cusco, vous trouverez plusieurs musées. Nous n’en n’avons fait aucun. Ouais, parce qu’on n’est pas très musée, tout simplement. Cependant, il y a de jolies balades à faire dans les hauteurs de la ville pour pouvoir admirer l’horizon qui est, comme beaucoup de villes d’Amérique du sud, toujours très impressionnant.

Tout autour de Cusco, il existe de nombreux sites archéologiques où on peut admirer des ruines incas. Dans Cusco même, il y a un site dans les hauteurs qui, il y a deux ans, était gratuit. Il vous faudra payer environ 18€ par personne pour pouvoir vous y rendre à pied. Bien trop cher pour ce que c’est selon Flo qui avait pu y aller gratuitement deux ans auparavant.

Vous pouvez vous balader dans le centre historique, la Place des Armes, tout ça est très joli et promet des photos plutôt sympas, et ce même avec de gros nuages menaçant.

Se balader dans les hauteurs de Cusco

Se balader dans les hauteurs de Cusco

Vue panoramique sur la ville de Cusco

Vue panoramique sur la ville de Cusco

Place de Cusco

Place des armes de Cusco

 

L’Inca Trail

Via l’agence d’Ecopackers, nous avons réservé l’Inca Trail chez KB experience (qui doit avoir pignon sur rue quelque part dans Cusco). De tous les gens que nous avons rencontrés au cours de notre voyage et qui avaient déjà fait l’Inca Trail et qui ont donc pu nous conseiller sur les coûts d’une telle aventure, c’était un prix imbattable, soit 390US$, soit 288€ par personne, autant dire presque moitié moins cher que ce qui est proposé sur internet.

A ce coût cependant, nous avons opté pour l’option « on n’est pas de grand guerrier » et avont payé 70US$ supplémentaire (soit env. 51€) pour un porteur en charge de 7kg de nos affaires ce qui n’est franchement pas négligeable quand on est des petites brêles comme nous. Expérience faite, nous ne regrettons pas, car l’effort physique à fournir était déjà tel que s’encombrer d’affaires aurait pu devenir très gênants.

Et puis pour (presque) couronner le tout, nous avons loué des bâtons de marche à 28US$ les quatre (soit env. 20€) pour soulager nos efforts dans les montées et les descentes abruptes. Nous, ça nous a paru nécessaire. Pour d’autres non, alors nous n’avons pas de conseil particulier à donner à ce sujet.

Une semaine avant, nous faisions l’expérience de notre premier trek dans le Canyon de Colca et l’aventure s’était révélée très douloureuse dès les premières heures. Douleurs musculaires, douleurs articulaires, courbatures, etc. nous venions de vivre tous les éléments traumatisants d’un trek auquel nous n’étions pas vraiment préparés. Mais ce coup-ci, nous nous voulions mieux que préparés, voire même très prudents en se promettant d’y aller tranquille sans se tuer.

Durant l’Inca Trail ou le Salkantay Trail (5 jours, moins cher mais plus physique), on ne trouve aucun point d’électricité. A Cusco donc, on trouve une multitude de boutiques spécialisées dans l’appareillage photographique pour acheter batterie ou carte mémoire supplémentaires. En ce qui nous concerne, nous aurons donc acheté une batterie supplémentaire pour le Réflex ainsi que pour la caméra. Oui, une expérience comme ça, ça ne se loupe pas !

La veille, une première rencontre avec l’un de nos guides et d’autres voyageurs de notre groupe, un petit briefing et le lendemain, nous partions vers l’aventure !

Ecopacker, notre auberge à Cusco

Ecopacker, notre auberge à Cusco

 

Jour 1 – De Cusco à Wayllabamba (12km)

Max : 3000m d’altitude                Campement : 3000m d’altitude

Vers 6h du matin, on passait nous chercher et dans l’attente du bus qui nous conduirait jusqu’au point de départ de la route des Incas, nous rencontrions notre super team des quatre prochains jours ! Nous étions donc 13 voyageurs, Claire, Bertrand et nous-même, les 4 français, Joëlle, Jordi, Tjarda et Jochem, les 4 hollandais, Christiane, l’allemande, Tina, l’autrichienne, Paula et Matheo, les brésiliens et David, notre traducteur principal, l’espagnol ! Bref, tous des routards, voyageant pour plus ou moins longtemps, prêts pour une aventure hors du commun et à participer à une ambiance joviale et entrainante.

Premier checkpoint de l'Inca Trail, le départ !

Premier checkpoint de l’Inca Trail, le départ !

Ce premier jour, à 82km de Cusco, nous avons rejoint Piskacuchu (à 2700m d’altitude) pour passer le tout premier checkpoint, celui de l’entrée du chemin des Incas. Un petit tampon dans le passeport faisant notre fierté du jour et nous regardions avec des yeux écarquillés tous les porteurs (qu’on appelle plus communément « tchaskis ») porter des charges incroyables (pouvant aller jusqu’à 40kg) et ce… en courant !

On traversa avec un optimisme à tout épreuve la rivière Urubamba et c’était parti pour une première journée de marche jusqu’à Wayllambamba ! Un premier déjeuner très copieux et bien organisé par notre cuisinier et son assistant à Miskay (2800m) et après avoir repris la route, puis profité de la vue sur Llactapa (2650m), notre première ruine de cité inca, nous avons marché le long de la rivière Kusichaca pour arriver dans l’après-midi à Wayllabamba où notre premier camp était déjà préparé par les tchaskis. Vue magnifique et décor invraisemblable sur les montagnes résumaient les premières sensations après cette journée plutôt courte, agréable et pas trop difficile.

Au cours de cette journée, nous avons pu découvrir le travail des « Tchaskis » qui peuvent porter de manière officieuse jusqu’à 40kg (tout le matériel nécessaire pour tenir nos 3 camps et assumer nos 9 repas), la loi leur interdisant théoriquement de porter des charges supérieures à 25kg. A ce stade, nous avions confié nos sacs de couchages ainsi que nos tapis de sol et quelques babioles à l’un de ces super-héros et peinions avec les seulement 5 ou 6 kg chacun qu’il nous restait à transporter (oui, honte sur nous).

Au deuxième jour, une ascension physique pour tout le monde !

Au deuxième jour, une ascension physique pour tout le monde !

Avec un robinet ouvert en continu laissant s’écouler l’eau de la rivière, nous avions largement de quoi nous laver le strict nécessaire et vivifier le tonus de notre peau avec l’eau gelée de la montagne.

A ce camp, c’est ici que nos deux guides nous présentèrent nos 13 tchaskis. Certains font ça depuis des dizaines d’années, d’autres sont presque tout nouveaux. La plupart se révèle être très timide et nous réalisons très vite, grâce à David, l’espagnol du groupe, que très peu d’entre eux parlent espagnol et que le Quechua reste donc leur langue principale.

Sur des tapis de sol aussi fin que des feuilles de papier, la première nuit ne fut pas la meilleure que nous ayons connu mais le campement ne s’est pas révélé être aussi spartiate que nous aurions pu l’imaginer. Au lendemain, nous étions préparés mais un tantinet effrayés par ce qui nous attendait…

Les tchaskis se présentent timidement

Les tchaskis se présentent timidement

Première nuit à Wayllabamba, un look de péruvien touriste

Première nuit à Wayllabamba, un look de péruvien touriste

Jour 2 – De Wayllabamba à Pacaymayo (11km)

Max : 4200m d’altitude                Campement : 3500m d’altitude

Ce deuxième jour est connu pour être le plus difficile et nous avons été prévenus d’emblée. Sur les 11km qui nous attendent, il y a 9km d’ascension, soit 5 heures de montées abruptes avec beaucoup d’escaliers type « pas du tout ergonomique et plutôt inca style » avec en prime pour handicap, l’altitude qui nous coupe le souffle comme si on courait des sprints à chaque effort.

Notre but, rejoindre Abra Warmihuanusca (4200m d’altitude), la plus haute montagne de ce parcours. Près du sommet, la respiration devient de plus en plus difficile et nous ne sommes pas ceux qui peinent le plus. Sur la route, nous rencontrons petite cruche en rose fluo, qui ne porte aucun sac et qui fait la tronche tout en étant tirée par son petit ami qui tente non sans mal de l’encourager. Certains du groupe développent des maux de l’altitude, le « soroche » (maux de tête, nausées…). Ce second jour, se crée dans le groupe des disparités, les rapides devant, les moyens-rapides qui les suivent, les moyens-lents (dont nous avons fait partie) et les lents à qui on n’en veut jamais d’être lents car ils nous permettent de prendre des pauses plus longues.

Bref, plus ou moins tout au long de la route, quand on n’en chie pas, on discute, on fait connaissance et on réalise que tout le monde est plutôt sympa et ouvert d’esprit. Une très bonne atmosphère règne et on se voit même être transporté par la bonne ambiance dont on profite vraiment pendant les repas.

Arrivée sur le mont, les rapides, déjà arrivés depuis 20 bonnes minutes, nous applaudissent et on vit l’expérience comme une immense victoire ! Il ne fait que quelques degrés et notre transpiration excessive nous laisse la mauvaise sensation du vif refroidissement après un grand effort. Attendre le reste de la meute en se faisant littéralement traverser par les nuages se révèle donc un peu difficile.

Après 5h de montée à haute altitude, on fête notre réussite arrivés à Abra Warmihuanusca

Après 5h de montée à haute altitude, on fête notre réussite arrivés à Abra Warmihuanusca

Après que tout le monde a vaincu l’ascension de 5h qui nous firent traverser tous les états physiques (du désespoir à la joie) et climatiques (de la chaleur tropicale au froid des montagnes), nous avons descendu la vallée Pacaymayo (3600m) pour enfin arriver au camp du même nom.

A la même image que le précédent camp, il y a des robinets qui servent l’eau gelée de la rivière ! Premier grand acte de bravoure, nous effectuerons nos premiers shampooing et ferons notre première toilette intégrale avec toute la foi qu’il nous reste à la fin de cette journée très difficile. D’autres témoigneront de plus de pugnacité, en se lavant directement dans la rivière !

Toilette à l'eau gelée de la rivière

Toilette à l’eau gelée de la rivière

Niveau hygiène pendant l'Inca Trail, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a !

Niveau hygiène pendant l’Inca Trail, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a !

Une deuxième nuit à Pacaymayo

Une deuxième nuit à Pacaymayo

Les repas chaleureux et en groupe, toujours très bons

Les repas chaleureux et en groupe, toujours très bons

Ce soir-là, nous sommes heureux d’avoir fini la journée et surtout d’avoir survécu sans catastrophe physique particulière. Nous deux nous sentons plutôt en forme (contrairement à d’autres) et la bonne ambiance du groupe ne fait que nous ravir de l’expérience de ces deux premiers jours.

Jour 3 – De Pacaymayo à Winaywayna (16km)

Max : 3900m d’altitude                Campement : 2650m d’altitude

Le troisième jour n’est pas connu pour être le plus difficile mais pour être le plus long. Lors des 16km que nous avons parcourus ce jour-là, nous avons visité plusieurs sites archéologiques tout en redescendant en altitude. La journée se révèle être très longue et la fatigue commence à se faire ressentir même si descendre en altitude nous permet de marcher avec beaucoup d’aisance au point où nous découvrons le clan des rapides (quel honneur). On traverse un bout de jungle sous la bruine, on y voit des orchidées, des colibris et la chaleur se refait sentir.

Sur la route, on rencontre nos premiers lamas, fiers comme des bergers qui gardent la tête haute, leur territoire.

Lors du déjeuner, il commence à pleuvoir et ceci ne tarde pas à venir s’accumuler à la fatigue physique qui joue sur notre moral. L’après-midi nous semble à tous interminable et nous n’écoutons même plus les explications du guide qui d’ailleurs sont quasi-incompréhensibles au vu de son accent à couper au couteau.

L’arrivée au dernier camp se vit avec une immense satisfaction. Et au diable qu’il n’y ait que des douches froides par ce temps où il ne fait pas plus de 10°C, se dire que le lendemain, nous arrivions au Machu Picchu était simplement réconfortant et consolant de toute la fatigue physique accumulée. Arou prenant sa douche gelée, Flo croisa notre copine la cruche en rose fluo demandant poliment « j’ai payé plus cher pour avoir des douches chaudes, elles sont où ? », question à laquelle Flo a coupé très court en lui lançant un gros lol en pleine face.

Ce soir-là, sous la pluie, nous avons fait une petite cérémonie de remerciement aux Tchaskis en l’honneur de leur dévouement et leur effort physique surhumain des trois derniers jours. Durant l’Inca Trail, il y a cette tradition qui veut que chaque trekeur laisse un pourboire (assez conséquent) à chaque porteur, ainsi qu’au cuisinier et son assistant. Connaissant cette étape avant notre départ pour le trek, nous ne comprenions pas vraiment cette tradition assez lourde financièrement, mais à la fin de ces 45km de marche, nous avons donné même plus que ce que nous avions prévu. Les Tchaskis effectuent un travail hors du commun qu’on pourrait même comparer à de l’esclavage ! Nous, les voyageurs, suréquipés en matériel high-tech pour la randonnée « plaisir », paraissions presque arrogant à nous plaindre de notre souffle coupé à chaque mètre. Pendant les 45km qu’il nous fallait parcourir pour atteindre le dernier checkpoint jusqu’au Machu Picchu, nous n’avons pas seulement observé le travail des tchaskis, nous avons été admiratifs de voir ces petits bouts d’hommes, paraissant souvent plus âgés qu’ils le sont vraiment, en sandales, en peinant parfois, à porter des dizaines de kilos sur le même chemin que nous pour… notre propre plaisir. Non, franchement, dès qu’on se met à penser plus profondément à la situation qu’est l’Inca Trail, on n’est pas vraiment fier de participer à ce genre de business, même si dans l’après-coup, il nous parait trop facile de dire que c’est pour « participer à l’économie du pays »… Mais voilà, une fois que ceci se fit… nous avons chacun donné 70 soles (19€) par porteur ainsi que 20 soles (5€) pour le cuisinier et son assistant.

Durant l'Inca Trail, des paysages exceptionnels

Durant l’Inca Trail, des paysages exceptionnels

Flo se réjouit déjà d'en avoir (presque) fini

Flo se réjouit déjà d’en avoir (presque) fini

Jour 4 – De Waynawayna à Intipunku (la porte du Soleil) (4km)

Max : 2700m d’altitude                Machu Picchu : 2400m

En ce 3 décembre 2013, le réveil très matinal (3h du matin) et sous la pluie n’entacha pas notre enthousiasme de dernier jour de trek, même si c’est avec un peu avec les yeux collés et les idées embrumées que nous avons remballé nos affaires dans le noir et l’humidité avec tout de même une petite tasse de maté servi par nos tchaskis préférés qui ont pris goût au jeu du « room service » pour nous motiver à nous réveiller.

Le dernier checkpoint qui protège la partie de randonnée qui mène à la porte du soleil ouvre à 5h30 du matin et les différentes équipes de touristes se lèvent le plus tôt possible pour tenter d’avoir la meilleure place au départ, c’est-à-dire celle qui permettra d’arriver au plus tôt aux premières lueurs du soleil.

A cette heure si matinale, le checkpoint est « blindé » mais nous arrivons à nous situer en honorable position et l’agressivité du réveil mal léché commence à se faire ressentir lorsque d’aimables lève-tard tentent l’incruste discrète en première position.

A 5h30 pétante, le checkpoint nous autorise à pénétrer sur le dernier chemin qui conduit les trekkeurs de l’Inca Trail au Machu Picchu. D’ici, environ 1h de marche nous sépare de la très célèbre Porte du Soleil qui offre une vue panoramique à couper le souffle sur la vieille cité Inca. Mais voilà, comme au premier jour de soldes exceptionnelles dans un grand magasin citadin, les gens sont surexcités et entreprennent des sprints incroyables sur cette dernière partie de route. Ayant marché péniblement en haute altitude pendant ces trois derniers jours, nous nous retrouvons étrangement et assez facilement embarqués dans cette marche folle furieuse, sur un chemin étroit qui plus est, où chacun prend un malin plaisir à se doubler et à constater l’essoufflement de ceux qui y sont allés avec trop de vigueur. En 45 minutes donc, nous arriverons à atteindre la Porte du Soleil, juste après avoir gravi les dernières marches appelées les « gringos killer steps » qui portent parfaitement bien leur nom dans la mesure où il s’agit de marches de pierre hautes comme… les petites jambes d’Arou.

Bref, pas si simple, même à 2400m d’altitude…

L’arrivée à la Porte du Soleil est exceptionnelle ! En plus d’être chaleureusement applaudi par l’équipe des rapides (oui, on ne change pas une équipe qui gagne), on découvre le Machu Picchu ainsi que le Wayna Picchu, illuminés par les rayons du soleil et décoré de quelques nuages (pour la mise en perspective, c’est superbe). A 6h30 du matin, nous étions épuisés mais littéralement heureux et fiers de pouvoir observer cette merveille.

Après une série interminable de photos qui resteront classées dans notre top 10 des plus belles photos de tour du monde, nous avons tranquillement descendu les derniers kilomètres qui nous séparaient de la cité. A nouveau en contact avec la civilisation, nous avons croisé les touristes venus pour la journée visiter le MP. Parfois sapés des plus beaux vêtements du dimanche (bah oui, c’est cool pour les photos), on se sentait un peu crasseux dans nos mêmes vêtements de trek portés depuis les quatre derniers jours (bah oui, c’est nettement moins glam’s pour les photos) à côté de ces touristes qui se retrouvaient essoufflés après cinq marches grimpés à 2400m d’altitude, tandis que nous, nous gambadions comme des bouquetins des Andes pas peu fiers d’avoir réalisé cette incroyable aventure.

Après l'effort, le réconfort ! Enfin arrivés au Machu Picchu !

Après l’effort, le réconfort ! Enfin arrivés au Machu Picchu !

Le Machu Picchu, le rêve d'une vie, rayons de soleil et nuages !

Le Machu Picchu, le rêve d’une vie, rayons de soleil et nuages !

Du grand bonheur au sommet de la cité inca, fêté avec le groupe tout entier !

Du grand bonheur au sommet de la cité inca, fêté avec le groupe tout entier !

Bref, à l’entrée, on dépose nos sacs et bâtons de marche à la consigne et on suit nos deux guides pendant deux heures, à travers le sanctuaire pour une visite en anglais… enfin en anglais pour qui arrive à comprendre l’anglais que parle une vache espagnole après 45km de marche dans les gambettes… donc, une visite qui n’aura pas été loin de nous achever vue notre niveau de concentration après toutes ses émotions. On retiendra donc que malgré les nombreuses théories, le Machu Picchu, la cité de l’élite Inca, civilisation n’ayant jamais découvert la roue mais ayant été l’une des sociétés les plus avancées de cette ère, a été fuie par peur de l’invasion des conquistadors espagnols à la recherche des richesses minières sud-américaines, qui au final, n’auront jamais trouvé les chemins incas que nous avons foulé pendant quatre jours.

Des lamas au Pérou et au Machu Picchu

Des lamas au Pérou et au Machu Picchu

Une visite de guidée de 2h après 4 jours de marche... Pas simple à suivre

Une visite de guidée de 2h après 4 jours de marche… Pas simple à suivre

Après une longue visite du site, nous avons renoncé au bus de retour (qui coûte environ 10US$ par personne) pour rejoindre Aguas Calientes à pied. Déjà bien épuisés, nous n’avions pas envie de traîner et accompagnés de Tjarda, Jochem et Christiane, nous avons dévalé les 1734 marches et parcouru toute la route jusqu’au village touristique le plus proche du MP. 50 minutes au lieu de 1h30, nous sommes arrivés à notre point de rendez-vous, un restaurant bien trop cher, mais dans lequel nous avons vite rendu les armes (à comprendre : vu la fatigue, nous n’avons rien cherché d’autre et avons consommé), en attendant le train de retour pour Cusco.

Aguas Calientes

Aguas Calientes

Le réconfort dans un restaurant bien trop cher de Cusco

Le réconfort dans un restaurant bien trop cher de Cusco

La victoire masculine après 45km de marche !

La victoire masculine après 45km de marche !

 

 

Si vous avez mené votre lecture jusqu’ici, bravo, c’est un peu comme avoir marché 45km pour entamer une belle conclusion !

Quatre jours vers le Machu Picchu, ce n’est pas facile, notamment quand on souffre d’un embonpoint, nous en avons vu certains pour qui ça n’a vraiment pas été simple. Ceci dit, vous êtes prévenus et marcherez en pleine conscience que ce n’est pas qu’une partie de plaisir. Pour nous, l’expérience fut grandissime ! Assez bien préparés avec le trek dans le Canyon de la Colca, nous en avons (moyennement) chié mais avons pu savourer sans aucun pépin ni aucune grande difficulté cette longue marche physique. L’ambiance de notre groupe fut également très importante pour vivre tout ça ! L’atmosphère était internationale, plaisante et très enthousiasmante ! Tout le monde s’est parlé, a échangé et beaucoup d’entre nous se sont rejoints et unis dans les quelques difficultés physiques que nous avons pu rencontrer. Tout ça associé à tous ces paysages que vous avez pu observer tout au long de cet article et vous n’avez qu’un bref aperçu de ce que nous avons pu vivre durant ce voyage.

D’ailleurs en parlant de voyage… Ce trek vers le Machu Picchu pourrait presque illustrer l’impression que nous avons de ce tour du monde : des moments difficiles, qu’ils soient physiques ou psychologiques, entrecoupés de quelques pauses magnifiques pour finir en apothéose avec la cerise sur le gâteau… la joie d’admirer une belle chose, la satisfaction d’avoir réalisé quelque chose et la fierté d’avoir atteint notre but ! Et si seulement nous n’avions pas tant d’autres choses à vous raconter, on conclurait bien notre année autour du monde comme ça.

Mais NON !

Alors on se retrouve en Bolivie les ami(e)s !

 

Novembre 2013 :
Bus entre Arequipa et Cusco avec la compagnie Oltursa : 70S/pers (env. 18€)
Inca Trail avec la compagnie KB : 390US$ (env. 285€)
Demi porteur (7kg) : 70US$ (env. 51€)
Location de 4 bâtons de marche : 28US$ (env. 20€)
Pourboire pour le personnel de l’Inca Trail (par personne) : 70Spour les porteurs, 
20S pour le cuisinier et son assistant et 30S pour les deux guides 

 

3 Responses to “Pérou – La belle aventure jusqu’au Machu Picchu

  • Super article ! Qui fait se dire « ah mais moi aussi un jour je ferai l’Inca Trail! » 🙂

  • Super votre blog et surtout votre voyage!! On s’en inspire beaucoup pour notre voyage au Perou. J’arrive pas trouver de site pour la compagnie Kb Experience pour faire l’inca trail. Avez vous un lien a m’envoyer? Merci. Aurélie

    • Bonjour Aurélie,

      Pour contacter la compagnie Kb Experience, tu peux passer par le site de l’auberge Ecopackers à Cuzco qui fait aussi agence de voyage.
      Voici l’adresse : http://www.ecopackersperu.com/
      Merci pour les compliments sur notre blog et bon voyage à vous!

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