Cambodge – Kep & Rabbit Island

Chers internautes,

 

Après notre très intense et traumatisante fin de séjour à Sihanoukville, nous sommes arrivés à Kep, anciennement appelée Kep-sur-Mer, une station balnéaire de la côte sud-est du Cambodge, construite par les français à l’époque du protectorat.

Nous arrivons ici dans un lieu où l’atmosphère est au strict opposé de Sihanoukville, les rues sont propres, l’endroit est quasi-désert et on a le pré-sentiment que cette escale a le potentiel pour nous consoler de ces derniers jours. Située à 30 minutes de voiture de Kampot, point très touristique de la région, le peu de choses que nous avions pu lire sur Kep n’était que du positif et nous a poussé à esquiver Kampot où étrangement il n’y a pas grand choses à faire.

 

Bienvenue à Kep

 

Rega Guesthouse

Notre point de chute : Rega Guesthouse (cf. Tripadvisor), une charmante auberge tenue par Amandine et Tristan, un gentil couple de français, récemment installé dans ce petit coin très francophone. Il semblerait effectivement que Kep fut très investie par les français et encore aujourd’hui. Une école francophone permet aux enfants du coin d’apprendre le français et il est assez fréquent de trouver dans les parages des cambodgiens sachant parler le français et non l’anglais.

A 12$/nuit, nous avions notre chambre double, toute propre, qui donnait sur la salle à manger du petit restaurant, perdu dans la végétation très bien entretenue du jardin.

 

Plantation de poivre – Aïe, aïe, caramba !

La région de Kampot est connue pour sa culture du poivre, poivre qui se cuisine excellemment bien avec du crabe, spécialité culinaire du coin.

Pour 5$/journée, nous avons loué un scooter chez Amandine et Tristan, pour partir à l’aventure et notamment nous rendre à une plantation de poivre, tenue par un allemand et sa femme khmer.

Arrivés sur place, nous entamons une courte visite avec le propriétaire qui nous explique tout un tas de choses très intéressantes au sujet du poivre, et ce dans un très bon français. Nous apprenons de quelle manière on obtient du poivre vert, noir, rouge ou blanc et on finit la visite avec une agréable sensation d’aimer encore plus le poivre qu’avant.

Du poivre rouge, noir, blanc à l’une des plantations de poivre de Kampot

Une allée dans la plantation de poivre

Sur la fin de la visite, nous décidons de nous arrêter à la boutique de la plantation afin d’acheter un petit assortiment de poivres, lorsque Flo en s’appuyant sur un pilier porteur, a subitement ressenti une très vive douleur à la main. Après un sursaut et un geste brusque pour chasser ce qui lui faisait très mal, nous nous sommes retrouvés à regarder l’auteur du crime tombé au sol… un scorpion !

Comment donc vous expliquer ?

Comment donc vous expliquer… le sentiment de peur que nous avons ressenti à cet instant. Flo venait de se faire piquer par un scorpion, scorpion synonyme d’animal mortel, pour nous, pauvres petits parisiens ignorants que nous étions. Le premier réflexe en voyant tous les locaux se mettre à paniquer à l’unisson, fut d’aspirer le venin de la main de Flo… à situation désespérée, tentative désespérée (et ridicule). Toutes les personnes autour du nous s’affolant, nous nous sommes lancés un discret « adieu » du regard, sans savoir quoi faire dans ce trou perdu et devant la douleur grandissante de Flo qui remontait dans le bras. Totalement paniquée et avec le sentiment de se trouver dans une mauvaise version de « The walking dead », Arou lança à Flo un « Non, pas toi ! », comme si ce dernier venait de se faire mordre par un zombie. Quant à l’allemand, qui entre-temps avait achevé le scorpion à coups de sandalettes, nous confia qu’en 23 ans au Cambodge, il n’avait jamais vu ça… danke schön Herr K. !

Ce jour-là, superman était australien. Dans notre malheur, un touriste australien et sa famille débarquèrent de nulle part pour prendre la situation en charge. « Bonjour, je suis médecin à la retraite, asseyez-vous, laissez-moi prendre votre pouls (…) ok, rien de grave, les scorpions d’Asie du sud-est ne sont pas mortels », ce à quoi Flo a répondu d’un ton légèrement paniqué mais rassuré « are you sure ? I’m not going to die ?!!! Pourquoi la douleur remonte dans mon bras ? », et ce à quoi Arou, un peu méfiante, a rétorqué « rien de grave ? Pourquoi il est tout blanc, why are his lips white too ? Pourquoi il a des poches violettes sous les yeux ? ». Très rassurant, le médecin nous expliqua calmement que Flo était en état de choc et que la douleur sous le bras était due au système lymphatique blablabla qui défendait le corps, aucun risque que cela confirme nos fantasmes de venin mortel se dirigeant vers le cœur pour en finir avec les jours de notre pauvre petit Flo. Et comme Monsieur l’ange gardien avait déjà tout prévu, il donna à Flo deux antidouleurs codéinés en le prévenant qu’il allait être un tout petit stone pour le reste de la journée. La douleur, comparable à une lame plantée dans la main (on imagine), était terrible mais fut immédiatement plus facile à supporter à la seule idée que Flo allait survivre. Pendant ce temps-là, la propriétaire de la plantation appelait dans tous les sens hôpitaux et tout autre individu pouvant nous venir en aide et nous expliqua que la piqûre de scorpion pouvait faire un mal de chien et dans de rare cas d’allergie, pouvait être vraiment plus grave.

Nous sommes restés 1h30 à la plantation de poivre jusqu’à ce que la douleur devienne enfin supportable. Deux jours après notre vol de sac à Sihanoukville, nous sommes repartis de la plantation avec une expérience encore plus folle à raconter ainsi qu’avec 33$ de poivres blanc, rouge et noir pour nos prochains festins culinaires.

La main douloureuse de Flo après la piqûre (oui c’était un moment à photo)

Un scorpion aperçu aux ruines d’Angkor, similaire à celui qui a piqué Flo

 

Dans la campagne d’Angkour

Après la mésaventure du scorpion, Flo trainait sa main en feu comme un fardeau mais nous avons tout de même trouvé l’énergie d’effectuer quelques kilomètres de plus pour aller nous balader dans la campagne d’Angkour où les paysages qui se succédèrent étaient tous plus magnifiques les uns que les autres. Entre rizières où locaux préparaient les nouvelles plantations, étendues de sel, village de pêcheurs et campagnes sous le soleil, nous étions certes blessés mais heureux de pouvoir découvrir tout ça.

 

Dans la campagne d’Angkour, des étendues salées

Un village de pêcheur dans la campagne d’Angkour

Des locaux s’affairent à planter du riz

 

Le marché aux Crabes

La spécialité culinaire du coin : Le Crabe au poivre de Kampot. A Kep, vous pourrez trouver le long de la jetée le marché aux crabes où on peut acheter et déguster des crabes fraîchement pêchés (entre 5 à 7$, selon la taille).

Arou déguste son crabe au poivre de Kampot

Près de ce marché, avec vue sur la mer, une tripotée de petits restaurants proposent le crabe au poivre vert de Kampot. Le soir de la piqure de scorpion, nous nous sommes donc attablés dans un restaurant avec une vue sur le coucher de soleil et avons commandé la spécialité, délicieuse mais malheureusement pas très copieuse.

Coucher de soleil depuis le restaurant aux crabes

 

L’île du Lapin – Rabbit Island

Kep est la porte d’entrée qui vous conduira vers l’île du Lapin. Située à environ 25 minutes de barque, cette petite île, quasi-déserte, est l’endroit parfait pour celles et ceux qui ne désirent absolument rien faire, mis à part bronzer, lézarder, et manger du crabe les pieds dans le sable avec une vue paradisiaque sur la mer.

Il faudra compter 7$ chacun si vous souhaitez y passer une journée (10h-16h), ce qui, selon nous, n’est vraiment pas assez, et 9$/personne si vous voulez y passer la nuit.

Notre plage sur l’île du Lapin

Sur l’île du Lapin, vous trouverez quelques bungalows de fortune et des petites gargottes pour vous restaurer, des maisons de pêcheurs et de cultivateurs d’algues, et… rien d’autre. Sur l’île du Lapin, il n’y a pas d’électricité, excepté entre 19 et 21h pour pouvoir vous doucher avec de l’eau de pluie. A partir de 21h30, c’est une nuit noire partout qui offre un ciel étoilé époustouflant et pour parfois les plus chanceux… des vagues illuminées par du plancton phosphorescent !

A notre arrivée, nous avons trouvé un petit bungalow d’une très grande simplicité pour seulement 7$ la nuit où nous avons passé une très bonne nuit, malgré le vacarme des grillons et autres insectes musicaux du coin.

Notre bungalow sans prétention sur Rabbit Island (7$/nuit)

Rabbit Island de nuit

Vous l’aurez compris, sur l’île du lapin, il n’y a rien à faire de surexcitant, si ce n’est bronzer (prendre des coups de soleil), observer la faune et la flore (parfois lever la tête si haut à en découvrir des parélies au-dessus des cocotiers), admirer le coucher du soleil, se balader tout autour de l’île (le tour complet de l’île prend environ 2h30) et profiter du calme ambiant.

En ce qui nous concerne, nous avons vraiment adoré l’endroit où nous étions coupés d’absolument tout ! Le seul point négatif que nous relèverons est commun à de très nombreux endroits en Asie : le peu de conscience de l’environnement qui entraine une pollution environnementale assez impressionnante. De ce fait et à Rabbit Island en particulier, les plages sont jonchées de détritus abandonnés sans conscience absolument p-a-r-t-o-u-t. En effet, un petit tour en Asie vous ramènera à l’époque où chez nous aussi, le sac plastique était utilisé de manière systématique et irréfléchie. Le fait est qu’aujourd’hui en Asie (et dans beaucoup d’autres endroits sur la planète), la conscience de la protection de l’environnement est nulle au point où les locaux n’hésitent pas à jeter leurs déchets où bon leur semble. Cette attitude est certes choquante pour nous, européens, qui avons vraiment de l’avance à ce sujet, mais abîme aussi les littoraux et entraine des problèmes hygiéniques dont les habitants n’ont pas encore pris la mesure.

Les autorités ont voulu faire de Kep une destination d’élite, en augmentant les prix mais aussi en lançant le programme environnemental « Keep Kep Clean » qui donne à la ville un charme peu commun au reste du pays. Grâce à cette action, les divers acteurs de la ville se réunissent pour ramasser les déchets qui jonchent les rues et les plages. Et il est vrai qu’en arrivant à Kep, l’une des premières remarques que nous nous sommes faits, était sur la propreté des lieux. Cependant, ceci n’empêche pas Rabbit Island, située à quelques kilomètres du littoral d’être un dépotoir pour tous les déchets jetés en mer depuis le continent.

Ce dernier point abordé nous aura encore mis du plomb dans la tête et nous aura fait réaliser à quel point nous avons été sensibilisés ces dix dernières années mais surtout à quel point les autres de cette planète ne l’ont pas été ! Bref, on ravale ce méchant sentiment d’être mal barré et on garde espoir en essayant de continuer à dépasser nos difficultés avec intelligence…

Flo sur Rabbit Island

Coucher de soleil depuis notre bungalow sur Rabbit Island

Une parélie, phénomène météorologique peu courant, sur l’île du Lapin

Petit tour de l’île du Lapin

Arou sur Rabbit Island

En suite… le mot de la fin

Après ces deux supers jours passés sur l’île du Lapin, nous avons repris une barque en fin de journée pour retourner à Kep. Ceci aura été 25 minutes très éprouvantes où nous avons bien cru vivre nos derniers instants. Malgré un soleil radieux, les vagues nous ont fait réaliser que la barque sur laquelle nous étions n’était absolument pas faite pour traverser une mer agitée. A notre débarquement, nous étions si trempés de la tête au pied, qu’au final, y aller à la nage n’aurait pas changé grand-chose.

Une dernière soirée au Rega Guestouse où Amandine et Tristan nous ont gentiment invité à regarder Kung Fu Panda en mode « comme à la maison » et nous avons repris la route pour retourner vers Phnom Penh pour quelques jours.

Une soirée « comme à la maison » @ Rega Guesthouse

Le retour à la capitale ne fut pas de tout repos puisque notre bus a rendu l’âme sur la route. Il nous a donc fallu attendre un nouveau bus de secours pendant 2h en plein cagnard, en se demandant quelle mauvaise étoile venait d’apparaitre dans notre ciel qui semblait pourtant si dégagé.

Puis, la dernière nuit au Cambodge fut très éprouvante, cadeau de départ : une intoxication alimentaire pour Arou après un succulent Lok Lak, qui lui aura fait perdre tellement d’énergie qu’à l’arrivée dans notre bus censé nous conduire au Vietnam, elle a été victime d’un malaise…

Ce malaise de toute fin de séjour a illustré de manière grandiose tout ce que nous avons vécu au Cambodge. Nous étions éprouvés jusqu’au bout, épuisés, fatigués et usés. Charmés par les ruines d’Angkor, émus et attristés par l’histoire du Cambodge à Phnom Penh, abîmés par une blessure au pied à Kratie, puis par le vol de Sihanoukville et par la piqure de scorpion à Kep, tout ce que nous attendions en ce tout début de mois de juillet 2013 était l’arrivée au Vietnam, le pays d’origine d’Arou, le pays où sa petite famille devait nous rejoindre une semaine plus tard et pour trois semaines, des retrouvailles qui représentaient beaucoup de joie et un peu de détente après plusieurs semaines de stress et de galères. Mais comme vous commencez à bien nous connaitre, vous savez que rien n’est jamais simple et que beaucoup d’autres histoires et de péripéties restent à venir…

A très bientôt, pour de nouvelles aventures au Viêt-Nam !

 

Arou & Flo

 

 

Juin 2013

Rega Guesthouse à Kep : 12$/nuit (env. 8,90€)

Location d’un scooter chez Rega Guesthouse : 5$/jour (env. 3,70€)

Crabe au poivre de Kampot : 6$/plat (env. 4,50€)

Aller-retour Rabbit Island : 7$/pers (aller-retour dans la journée) (env. 5,20€), 9$/pers (si vous passez une nuit sur place) (env. 6,70€)

Bungalow sur Rabbit Island : 7$/nuit (env. 5,20€)

Bus Kep-Phnom Penh : 7$/pers (env. 6,70€)

Bus Phnom Penh-Ho Chi Minh Ville : 13$/pers (env. 9,70€)

 

 

4 Responses to “Cambodge – Kep & Rabbit Island

  • Aie aie que de mésaventures! C’est pas très sympa hein, mais j’avoue que la manière dont tu as raconté la mésaventure du scorpion m’a bien fait marré! heureusement plus de peur que de mal!
    Je te rejoint complètement sur ce que tu dis sur la pollution et la gestion des déchets en Asie… Nous sommes en Chine actuellement et c’est une des choses qui nous choque le plus! Un chinois mange un snickers? Le papier finit tout naturellement par terre… Le pire était encore quand nous sommes monté sur une montagne sacrée… Tu paies un saladier pour l’entrée sous un prétexte de préservation du patrimoine, et une fois sur la montagne tu vois les chinois balancer tous leur déchets dans la nature, jeter les bouteille en PET en bas des falaises à pic « pour voir comment elles rebondissent », etc…. Un vrai choc pour nous petit européen éduqué à préserver notre environnement… 😉 Hate de lire la suite!

  • Hello Fabienne !

    Effectivement, tous les voyageurs que nous sommes sont bien d’accord avec ce que tu rapportes et malheureusement c’est aussi effrayant qu’inquiétant. Nous n’avons plus qu’à espérer que les mentalités asiatiques au sujet de l’environnement évoluent plus vite que ce qu’on peut l’espérer.

    En tout cas, malgré la pollution de Rabbit Island, c’est un très joli endroit ! Nous espérons que vous trouverez l’occasion d’y passer pendant votre tour 😉

  • Décidément la ferme de poivre porte bien la poisse aux Frenchy ! On était aussi chez Amandine et Tristan en août avec un ami, on a pris le scooter pour aller sur la « secret beach » (et quel plaisir de voir les photos d’Angkoul, on avait adoré), puis on se décide à aller visiter la ferme de poivre… et là, sur la grande allée qui mène à la ferme, pneu crevé ! Pas un chat aux environs… On marche un peu, et on tombe sur un jeune khmer, sortant de nulle part, parlant anglais et avec un iphone + internet, un miracle ! On a ensuite été recueillis par une adorable famille Khmer qui ne parlait pas anglais mais on se comprenait. Bref une galère mais au final un bon souvenir 😉 En tout cas merci pour vos récits, ça me rappelle mon tour d’Asie, Cambodge mon pays préféré… Et contente que vos galères se soient bien finie 😉

  • Hello. J’ai l’impression qu’il vous arrive de plus en plus de trucs. C’est impressionnant!! Je vous félicite pour votre constance malgré ces événement.

    Le scorpion doit cependant avoir du bon. Le moment « Non pas toi! » doit avoir quelques chose de magique 😉
    Que d’émotions…

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