Vietnam – Vung Tau l’horreur

Chers internautes,

 

Situé à 3 heures de Ho Chi Minh Ville en bus, s’étend le long de la mer de Chine du sud, le Rio du Vietnam, Vung Tau, anciennement nommé Cap-Saint-Jacques par les colons français, où beaucoup de saïgonnais viennent passer leur week-end.

A notre arrivée à la station de la compagnie Futa busline (au passage, très bonne compagnie de bus), nous n’avions réservé aucun logement et avions juste l’idée de nous rendre du côté « bord de plage » où nous étions censés pouvoir trouver un hôtel. Dès notre descente du bus, un conducteur de taxi nous aborde directement et nous montre la direction de son véhicule d’un geste disant : « vas-y, monte, ça va de soi que je t’emmène ». Pas nés de la dernière pluie, mais voyant tout de même qu’il est le seul taxi présent sur ce parking, nous entamons une rapide discussion concernant le coût de ce transport ne devant pas excéder les 10 minutes… « 200 000vnd, nous dit-il » (autant que le trajet de 3h pour venir ici), dès lors, on a cru à une blague et sans même essayer de marchander, nous avons poliment répondu que c’était bien trop cher et que, de ce fait, nous nous rendrions à pied jusqu’à la plage. En un quart de seconde, le prix descendait de 200 000vnd (env. 7€) à 100 000vnd (env. 3,50€), devant ce revirement de bord rapide, la seule pensée qui nous est venue en tête était : « ah oui, c’est aussi simple que ça ? Où est-ce que dans un premier temps, tu nous as pris pour des glands ? ». Cette sensation devant ce qu’on appelle communément « le prix touriste », était étrangement nouvelle, et ce bien que nous ayons de l’expérience dans le domaine. Ici, contrairement à ailleurs en Asie, le prix-parcequ’on-est-blanc a été annoncé sans un sourire et sans aucune manière, avec même une certaine arrogance un peu vexante, nous laissant un arrière-goût encore plus amer de se faire vraiment avoir. Mais à ce stade de notre séjour au Vietnam, c’était loin d’être la dernière fourberie de ce genre que nous allions connaitre.

Et puis, voilà, ayant été délaissés par notre foi de la marche à pied, nous avons été déposés par ce taxi devant les hôtels de bord de plage.

De manière générale, à Vung Tau, les logements nous ont semblé plutôt chers et nous avions lu sur internet que le plus abordable pour nous, se situerait dans les alentours d’une petite dizaine d’euros (environ 270 000vnd).

Après quelques tentatives infructueuses pour trouver une chambre à prix correcte face à la mer, le but était de réussir à négocier le prix d’une chambre en fonction du nombre de nuits que nous restions (a priori, ça se fait pas mal comme ça par là-bas). Le racolage est pratique commune, notamment lorsqu’on est « blanc » et qu’on voyage avec un gros sac à dos.

 

Le Song Bien Motel – La chambre de l’horreur

Un peu désespérés de ne pas réussir à trouver quelque chose à un prix correct, nous nous sommes laissés attraper dans la gueule du loup, dans l’antre de la bête, dans de la grosse merd* liquide… au Song Bien Motel, où nous avons passé les trois pires nuits de notre voyage !

S’il nous fallait résumer en une phrase tout cet article, ça ressemblerait à ça :

« N’allez pas au Song Bien Motel ! »

Comme ça, d’en bas, ça avait l’air cool et local. Arou a monté les six étages (oui, au Vietnam, et contrairement à ailleurs, les logements sont construits en hauteur et il n’est donc pas rare de se voir proposer une chambre au 6ème, 7ème ou 8ème étage, sans ascenseur) chargée de son backpack de 17kg. Arrivée en haut, les jambes tremblantes, le cœur rempli de désespoir, Arou, fatiguée, fit la plus grosse erreur du jour et du séjour : accepter la chambre sans vraiment l’inspecter.

Après trente minutes de réflexion (on ne voit jamais tout de suite à quel point une chambre peut être sale), posés sur notre lit, on commençait à peine à imaginer le merdier dans lequel on venait de tomber. Notre seul salut, l’air climatisé et la sensation de se sentir, un peu gagnant, après avoir réussi à négocier un prix pour quatre nuits, payées d’avance, bien sûr…

L’enfer avait donc un coût, 1.000.000 de dongs vietnamiens pour 4 nuits, soit 250 000vnd la nuit, soit environ 8,80€, bien… bien… trop cher pour cette chambre de bonne, ne ressemblant à aucune autre de l’hôtel, dans laquelle, des aliments non identifiés en décomposition, des mouchoirs et de la poussière jonchaient le dessous du lit. Dans la salle de bain, il y avait une douche merdique qu’il nous a fallu remplacer par un sceau qu’on pouvait remplir d’eau à peine tiède et des cotons tiges de prédécesseurs dans le conduit d’évacuation de la douche qui nous ont hanté même dans notre sommeil.

Bref, c’était crade mais si seulement c’était tout…

Quand on visite une chambre, le premier réflex n’est pas de lever les yeux en l’air. A notre grande surprise, nous avons constaté que le mur n’atteignait pas le plafond et nous offrait une très belle connexion avec une pièce voisine. Une heure après notre arrivée, nous réalisions que la salle d’à côté était en fait… les toilettes et la salle de bain de nos voisins. En temps normal, dans une société où la discrétion est reine et que l’économie d’énergie et des ressources est un principe acquis et intégré, ceci n’aurait peut-être pas posé grand problème. Mais, étrangement, à ce moment-là, on en était bien loin.

Le plafond communiquant avec les toilettes des voisins

Le plafond communiquant avec les toilettes des voisins

Comment vous expliquer ?

Comment vous expliquer… qu’en 3 nuits, nous avons dû dormir pas plus de 15 heures, ce qui en fait est énorme puisque nos voisins eux… n’ont pas semblé dormir du tout. Sur trois nuits, deux groupes de voisins différents se sont succédés, tous des conna*** de macaques surexcités comme des piles électriques chargées à l’ecstasy. On vous refait rapidement la genèse : la première nuit, nos jeunes voisins (on ignore combien ils étaient mais probablement bien trop) ont discuté et rigolé toute la nuit à gorge déployée, la télé allumée et le volume à fond. La seconde nuit, rebelote, Flo, excédé, a décidé d’aller frapper à leur porte pour leur demander désespérément, un peu de quiétude, ce qui nous a permis d’obtenir une diminution de volume… « Cam on » (merci en viet) ! La troisième nuit, nouveau groupe, pire que celui des avant-veilles, qui a pris sa chambre pour un lieu de rave party déchainée, en oubliant tout ce qui était autour. A une heure du matin, Ariane totalement épuisée et apeurée d’entendre des gens hurler de cette manière en pleine nuit, a pris son courage à deux mains pour aller frapper à la porte, jouer de ses charmes apaisants. Après être restée plantée 10 minutes devant leur chambre, à toquer comme une hystérique fatiguée et à défaut de leur faire ouvrir la porte derrière laquelle on entendait des rires, Arou a réveillé les voisins d’à côté, un jeune couple de vietnamiens, qui s’est uni à ses côtés pour faire taire cette bande de babouins déchainés. Au bout de 20 minutes, Arou réussit à obtenir du calme et à leur faire éteindre la télé en utilisant tout un panel de signes, ces derniers ne comprenant pas un mot d’anglais. Victorieuse, Arou se précipita dans son lit pour se préparer à une bonne nuit. Le répit aura duré en tout et pour tout… 10 minutes. Rallumant la télé à fond les ballons, rigolant comme des fous furieux, notre nuit, leur soirée, s’est terminée comme elle avait commencé : dans l’euphorie et avec une odeur ambiante de cigarette froide. Blasée et attristée, Arou passa 2 heures dans les escaliers, seul endroit où on pouvait capter le réseau wifi des hôtels voisins, à pleurer dans ses mails à quel point elle ne s’attendait pas à un truc pareil dans ce pays dont elle avait rêvé depuis tant d’années.

Ajouter à ces voisins bruyants et non respectueux de l’existence d’autrui, les différents bruits incongrus qu’on peut entendre dans ces toilettes en connexion directe avec notre chambre (notamment quand la bière fait aussi partie de la soirée) ainsi que la lumière que ces énergumènes n’éteignaient jamais (jour comme nuit)… et vous rendiez ces moments pénibles… atroces.

Excédés, à bout de nerfs et dans l’impossibilité de trouver du réconfort, nous avons décidé d’écourter notre voyage à Vung Tau un jour plus tôt.

 

Sinon Vung Tau… c’est cool

Flo qui admire le Christ en haut de sa colline

Flo qui admire le Christ en haut de sa colline

La statue du Christ

Comme dit précédemment, Vung Tau est une ville balnéaire installée par les français à l’époque des colonisations. En haut de sa colline principale qui surplombe la mer, on y trouve une statue géante de Jésus Christ qui constitue l’activité touristique principale de la région.

Située en haut de plusieurs centaines de marches, préparez-vous la montée est assez sportive, est érigée cette statue dans laquelle, si vous êtes correctement vêtus (à comprendre pas de short ou robe pour ces dames), vous pourrez monter et jouer des coudes pour observer le superbe panorama.

La montée vers la statue du Christ offre de belles vues

La montée vers la statue du Christ offre de belles vues

Panorama de ville depuis le Christ

Panorama de ville depuis le Christ

Le Jésus Christ de Vung Tau

Le Jésus Christ de Vung Tau

L’endroit est gratuit et assez impressionnant. Pour nous y rendre, nous avons loué un scooter au motel, location qui nous a valu encore des contrariétés. Sous prétexte que conduire un scooter à vitesses c’est plus compliqué qu’un scooter automatique, Madame qui tient la réception, insistait pour que nous prenions son scooter automatique qu’elle louait bien sûr beaucoup plus cher. Mais décidés à en finir avec nos déceptions, celle-ci concéda à nous filer un scooter à vitesses en faisant une tronche de deux pieds de long, nous mettant encore une fois de plus dans l’embarras de quelque chose qu’on aurait peut-être pas dû faire. Oui, elle est bien loin la gentillesse et la bienveillance gratuite du Laos…

 

Manger à Vung Tau

A Vung Tau, ville de bord de mer, la spécialité culinaire est le fruit de mer. On trouve donc des stands vendant calamars, coquillages, crabes, poulpes et autres étrangetés des mers à chaque coin de rue. Intriguant, appétissant mais un peu flippant, nous n’avons cependant rien tenté au niveau culinaire étant donné la récente intoxication alimentaire vécue par Arou quelques jours plus tôt.

Cependant, nous avons établi notre QG alimentaire dans un restaurant local où les prix étaient clairement affichés, afin d’en finir avec l’arnaque des « prix touristes ». Dans la mesure où personne ici ne parle anglais et que le blanc est très rare, nous avons donc pris un sincère plaisir à apprendre du vocabulaire et à passer nos commandes en vietnamien (de un, ça sert de savoir compter de 1 à 10 et de deux, l’alphabet vietnamien est basé sur l’alphabet latin, ce qui rend la lecture et la reconnaissance des mots bien plus simples).

La spécialité culinaire de l'endroit : les fruits de mer

La spécialité culinaire de l’endroit : les fruits de mer

 

La plage de Vung Tau

A Vung Tau, le touriste est 100% local ! Pour nous, il a donc été très intéressant de simplement… observer et un peu moins d’être observés, mais bon en tant que rock and world stars, on prend l’habitude 😉 A Vung Tau, on sort de son hôtel directement en maillot de bain, pas de sac et pas d’affaire superflu, ce qui fait que quand on rentre à l’hôtel, on est tout trempé, on en fout partout et on s’en fout ! Sur la plage, on ne fait pas bronzette, ce n’est pas à la mode d’avoir la peau tannée, d’ailleurs mesdames, comme partout en Asie, se baignent très rarement en bikini et souvent en t-shirt et short (ou pantalon). Culturellement impossible donc pour Arou, de passer son temps à parfaire son teint d’été.

Sur la plage, tout le monde est debout. Oui, debout, c’est aussi étrange pour vous que pour nous. Les jeux de groupe et la baignade sont les deux activités principales suivies par les picnics et grignotage de fruits de mer.

A défaut de pouvoir lézarder à l’occidentale sur une plage ensoleillée, on a passé plusieurs heures à se balader en bord de mer, à observer les pêcheurs de crustacés et l’activité touristique, à rigoler en voyant au loin tous ces jeunes jouer à des jeux auxquels nous aussi on a pu jouer il y a à peine quelques années.

Des pêcheurs au large

Des pêcheurs au large

Petite île au large de la plage, s'y rendre peut vous porter chance

Petite île au large de la plage, s’y rendre peut vous porter chance (on aurait peut-être dû y aller)

 

Bien que la vie touristique en bord de mer fut assez attrayante et intéressante à observer, que le Christ nous a plutôt impressionné, ceci n’a pas suffi à nous retenir une nuit de plus dans notre hôtel-enfer.

Nous sommes donc partis un peu précipitamment pour retourner avec grand soulagement au Nguan Tuan Hotel à Ho Chi Minh Ville, où 48h plus tard, la famille d’Arou nous rejoignait enfin !

 

Arou & Flo

 

 

Juillet 2013 :

Bus Ho Chi Minh Ville-Vung Tau : 100 000vnd/pers (env. 3,50€)

Song Bien Motel : 1 000 000vnd/4 nuits (env. 35€)

Bus Vung Tau-Ho Chi Minh Ville : 110 000vnd/pers (env. 3,90€)

 

 

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