Laos – De Pakse à Tad Lo, le Plateau des Bolovens

En ce jour de deuil, nous nous devons de vous informer que nous avons été victimes de notre premier vol. Arou s’est tristement fait tirer son sac sur la plage de Serendipity à Sihanoukville au Cambodge, nous faisant donc perdre son téléphone portable (avec toutes ses notes à l’intérieur), notre carte visa premier et un peu plus de 50$. Nous vous conterons cette « charmante » histoire plus tard mais d’ici nos premiers récits au Cambodge, tous les prix seront donnés de mémoire. Lucky you, Arou a quand même une sacrée bonne mémoire…

 

Chers internautes,

 

Pour l’aventure en vidéo, c’est ici !

 

Après notre incroyable boucle de trois jours dans les alentours de Tha Khaek, dans le centre du Laos, nous étions épuisés mais épanouis. Notre prochaine destination au programme était Pakse, une des « grandes » villes du Laos, située dans le sud. Depuis le terminal de Tha Khaek, nous avons donc pris le bus pour 70 000lak (env. 7€), dans lequel nous avons retrouvé quatre des sept backpackers rencontrés aux cool springs l’avant-veille et avons fait un bout de chemin ensemble. Première nuit à Pakse, nous avons tous les six logés à Fang Sedon guesthouse et avons pris le temps de faire rapidement connaissance. Une française, une hollandaise, un allemand et un suisse, tous épuisés, comme nous, de leur périple vers la grotte de Kong Lor. Cependant, Laurie, notre compatriote française, tenta de motiver sa troupe, non sans mal, pour se relancer dès le lendemain matin dans une nouvelle boucle en scooter jusqu’à Tad Lo (ou Tat Lo selon la phonétique), et par la même occasion, nous invita gentiment à se joindre à eux. Enthousiasmés mais crevés, cette nouvelle boucle en scooter était bien à notre programme, mais après une bonne journée de repos. C’est donc une fois de plus en solo que nous avons entamé ce nouveau périple en scooter.

A Pakse, mises à part quelques courses de réapprovisionnement, type shampooing, dentifrice et autres trucs utiles, il n’y a pas grand-chose à faire.

Tha Khaek – Pakse en bus : 70 000lak/pers. (env.7€)

Fang Sedon guesthouse : 50 000lak/nuit (env. 5€)

 

La boucle de Pakse, en scooter, eh oui ! Encore une loop ! Non pas que nous sommes de farouches amateurs de la conduite à deux roues mais, les périples en scooter comportent relativement peu d’inconvénients et un grand nombre d’avantages ! Dès lors, quand on oublie le facteur fatigue et le facteur risque, ceci se révèle très amusant, peu onéreux et permet d’être relativement autonome : on s’arrête où on veut, quand on veut, le temps qu’on veut et l’itinéraire ne nous est pas imposé.

Bref, après Mae Hong Son en Thaïlande (pour la vidéo c’est ici) puis Tha Khaek dans le centre du Laos (pour la vidéo c’est ici), vous commencez à être rodés et on essayera d’éviter les répétitions qui pourraient vous fatiguer. Cependant, chers amis, nous nous devons également de penser aux prochains voyageurs qui, demain, se casseront la tête à chercher des infos sur cette boucle (ou tout autre périple très tentants). Et nous savons que parfois, trouver des informations précises sur tel ou tel programme relève du parcours du combattant et nous remercions très chaleureusement, tous nos prédécesseurs voyageurs et bloggeurs qui ont pris la peine de rédiger des articles, souvent très précis, pour ceux qui suivent. MERCI camarades !

En aparté : il est très étonnant de constater que cette boucle de Pakse, qui traverse le plateau des Bolovens, soit si connue des backpackers voyageant au Laos alors qu’elle est très peu décrite dans les guides de voyage. En revanche, celle de Tha Khaek, est largement expliquée dans ces mêmes guides et pourtant ignorée (à tort, selon nous) par les touristes.

 

La location du scooter à Pakse

Revenons-en à nos moutons. A Pakse, comme presque partout en Asie du sud-est, on peut louer des scooters. Pour les francophones, aller chez Miss Noy peut s’avérer intéressant (prix dégressif), surtout si vous rencontrez Yves, un belge qui y travaille, et qui prend un malin plaisir à adopter l’hostilité franco-belge basée uniquement sur des vannes un peu pourries. Mais bon, il n’en est pas moins sympa et nous a fourni de nombreuses informations très précises sur cette fameuse boucle accompagnées d’une très bonne carte de l’itinéraire. Pour ceux que ça intéresse, vous trouverez également des conseils très utiles ici : www.bolaven.com

Un scooter 110cc à vitesses chez Miss Noy, pour 3 jours et plus : 60 000lak/jour (env. 6€)

 

La boucle des Bolovens

Pour cette boucle, vous avez le choix entre deux itinéraires, la petite boucle ou la grande boucle. En ce qui nous concerne, complètement canés et un peu découragés à l’idée de faire encore des centaines de kilomètres en scooter, nous avons d’emblée décidé de faire la petite. Et de toute manière, en ce mois de mai, début de la saison des pluies, la route de la grande boucle n’est plus praticable. Donc, se repayer des gamelles boueuses et compagnie, franchement, même si c’est marrant à raconter, ne nous motivait pas tant que ça à retenter l’expérience.

La petite boucle des Bolovens (environ 250km de rigolade) vous mène, à travers champs de caféiers et cascades d’eau plus charmantes les unes que les autres, vers Tad Lo où ici aussi, plusieurs chutes d’eau impressionnantes vous offriront rafraîchissement et détente tranquille.

La plupart des tours prennent l’itinéraire suivant : départ de Pakse vers l’est, direction Paksong (sans intérêt particulier), pour poursuivre vers Tad Lo, pour enfin revenir vers Pakse. Yves, le belge de Miss Noy, nous donna la très bonne idée de faire le chemin en sens inverse inverse, commençant par de la ligne droite assez ennuyeuse pour finir en suite par toutes les cascades.  Ce qui fut une très bonne idée et ce que nous conseillerons à tous les prochains loopers.

La route est facile, les paysages un peu moins époustouflants que ceux des alentours de Tha Khaek mais les cascades ne sont d’aucune commune mesure.

 

Le plateau des Bolovens pour la culture

De mémoire, (remerciez le cambodgien qui s’est barré avec mon téléphone/bloc note), le plateau des Bolovens est une région qui a été largement investie par les occidentaux à l’époque où le Laos était sous protectorat français. Nos chers concitoyens de l’époque ont profité d’un climat propice pour y planter des caféiers et en faire donc une spécialité de la région.

Des caféiers du Plateau des Bolovens

Le plateau des Bolovens reste également une des régions qui a été la plus bombardée durant la guerre du Vietnam. Les pilotes asiatiques engagés par la force militaire américaine étaient connus pour être assez craintifs et ne pas avoir le cran suffisant pour se rendre jusqu’au Vietnam afin d’y lâcher leurs bombes et celles-ci étaient donc souvent larguées plus tôt que prévu, sur les terres laotiennes.

 

Jour 1 – Direction Tat Lo

Tranquillement et un peu passivement, dès 9h du matin, nous avons pris la direction du marché de Pakse, un immense marché dans lequel il est très facile de se perdre et d’observer des habitudes culinaires bien différentes des nôtres. Entre grenouilles vivantes, poissons géants et médecine traditionnelle, nous avons avalé une noodle soup au centre du marché avant d’entamer notre nouveau périple vers Tad Lo.

Les poissons du marché de Pakse

Grenouilles vivantes (ou pas) du marché de Pakse

 

Tat Pasuam

Sur notre chemin, nous avons fait une première halte à Tat Pasuam (5 000lak/pers, env. 0.5€  + 3 000lak/scooter, env. 0.3€), une cascade d’eau très impressionnante à la couleur marron terre, très caractéristique des environs. Ici, les lieux sont envahis par les touristes thaïlandais et il est très amusant de constater à quel point les asiatiques ont mauvais goût concernant les photos de voyage (Arou exclue, of course). Ainsi, peu importe que le cadre soit infesté d’autres touristes, peu importe que la photo soit de mauvaise qualité et prise avec un téléphone portable, peu importe que la photo soit mal cadrée ou mal composée. Ce qui semble primer dans l’art de la photographie asiatique c’est d’apparaître sur la photo avec le gros truc touristique en arrière-plan résumant le principe suivant : « j’y étais ».

Bref, Tat Pasuam est une superbe introduction à tout ce que nous avons vu lors de cette boucle. En premier lieu, nous avons suivi des panneaux qui indiquaient un peu n’importe comment où se trouvait un certain point de vue, puis nous nous sommes retrouvés dans un endroit désert avec une cascade sympa où nous avons rencontré des Laotiens nous demandant d’où nous venions et si nous avions eu peur de traverser le pont de bois tout fin… « Peur ? Pourquoi ? Non ! On devrait ? ». Après cette étrange rencontre, un peu déçus par le décor, rebroussant chemin, nous avons traversé le pont que nous avions ignoré dès notre arrivée, pensant qu’il menait essentiellement vers un restaurant, mais celui-ci menait bien vers les chutes principales, très, très belles.

Tat Pasuam

Tat Pasuam (5 000lak/pers, env. 5€  + 3 000lak/scooter, env. 3€)

 

Fandee gesthouse à Tat Lo

Après quelques heures tranquilles à scooter, nous sommes arrivés à Tat Lo, petit village bordé par les cascades d’eau. Nous avons fait notre première halte pour la nuit à Fandee Guesthouse (60 000lak/nuit), une charmante guesthouse tenue par un couple de français. C’est simple, propre et convivial. Le dimanche soir, les deux hôtes proposent pour 30 000lak/pers. de partager un grand repas avec tous les convives qui le souhaitent.  Pour notre première soirée, nous avons donc passé un agréable moment avec des backpackers de la terre entière (français, qui constituent 80% de la masse touristique du Laos, allemand, anglais, australien, espagnole, italien). Très enchantés par l’ambiance de l’endroit, le lendemain, nous avons décidé de rester une nuit supplémentaire plutôt que de passer notre seconde nuit à Paksong, quitte à faire plus de route le dernier jour.

 

Une salle de bain plutôt originale

 

Tat Lo

A Tat Lo, il y a deux cascades à voir : Tat Hang qui est visible depuis le pont et Tat Lo la plus spectaculaire. Pour l’admirer d’en bas, il faut franchir le pont jusqu’à Saise guesthouse. Les consignes de sécurité sont très limitées, ce qui donne l’impression que le lieu est relativement authentique (ça ne durera pas, nous en sommes sûrs). Une petite construction artisanale de bois qui surplombe le courant pourra vous mener à quelques mètres à peine des chutes. De cet endroit, il n’est pas possible de monter en haut des chutes. Tout juste arrivés à Tat Lo, après avoir observé les chutes d’en bas, nous avons entamé une mission un petit peu périlleuse qui consistait à traverser le courant sur un tronc d’arbre harnaché de quelques bouts de bois en guise de rambardes pour ensuite grimper à une sorte d’échelle-escalier pour enfin réussir à se rendre en hauteur. Ce qui s’est révélé vraiment magnifique et époustouflant surtout en cette fin de journée où le soleil commençait à se coucher à l’horizon. Après une petite baignade dans les hauteurs, épiés par des laotiens un petit peu trop curieux à notre goût, nous avons calmement rejoint notre scooter par un chemin bien plus simple et une demi-heure plus tard, nous étions rentrés et près à se reposer pour continuer notre découverte de Tat Lo le lendemain.

Les chutes de Tat Lo depuis le passage par Saise Guesthouse

L’aventure périlleuse pour atteindre les chutes en hauteur

Les chutes de Tat Lo depuis les hauteurs

Les chutes de Tat Lo depuis les hauteurs

Tat Hang

 

Jour 2 – Tat Lo encore

Notre première soirée fut tellement agréable, que l’idée de repartir le lendemain vers Paksong qui est connue pour sa monotonie et son manque d’intérêt nous a vite découragé. Dès lors, comme dit précédemment, nous avons décidé de prolonger notre petite escapade du côté de Tat Lo en restant une nuit supplémentaire.

Au deuxième jour, nous sommes retournés sur les hauteurs de la cascade afin de trouver un endroit sympathique où se baigner. Après avoir errés plusieurs centaine de mètres et sués comme des esquimaux fondant au soleil, nous sommes arrivés à un charmant petit endroit où quelques enfants se baignaient. 

Tat Lo, le lieu où les enfants se baignent

Sans hésitation, nous nous sommes joints à l’effervescence infantile, tout en gardant nos distances afin d’avoir un œil sur nos affaires. Entre le sourire des enfants, leurs diverses invectives en tout genre pour attirer notre attention, la chaleur du soleil et la fraîcheur de la baignade, nous étions très heureux de vivre ce moment en se répétant sans cesse : « tu te rends compte qu’on est ici, à faire ça ? ». Notre état de contemplation s’est cependant vite atténué quand toute la sortie des classes a débarqué en hurlant, en courant et en plongeant la tête la première dans l’eau. A priori, comme ça, c’était trop mignon, jusqu’au moment où nous avons ressenti la menace du raquette implicite par la bande de jeunes idiots du coin : « tiens il est beau ton sac fluo, tu me le donnes ? — Non, mon enfant, il est à moi ! — Ok, donne-moi 1$ alors (sinon je te noie) ! — Eh bien, je n’ai pas d’argent et je vais me hâter à fuir, veux-tu ? ». Bref, juste le temps de saluer deux ou trois mignonnes petites filles qui, surprises de notre présence, nous saluaient avec de doux et gentils « Sabaidee », avant de filer à l’anglaise !

 

Essayer de se baigner habiller pour respecter les us de la région

A Tat Lo, s’il y a bien un endroit où il faut aller manger, c’est chez Mama Pap et notamment pour ses crêpes trop fatos qui vous nourriront facilement pour la journée. Pour 10 000lak la crêpe (avec caramel et banane ou mangue ou ananas), le truc est si énorme qu’une fois avalé le matin, nous étions calés pour le reste de la journée.

 

Une crêpe de chez Mama Pap : 10 000lak (env. 1€)

 

Jour 3 – Retour à Pakse, la région des cascades

Le dernier jour de la petite boucle est à la fois tranquille et bien chargé. Entre champs de caféiers et cascades d’eau à découvrir, tout se fait paisiblement. Aussi, vous pouvez éventuellement vous arrêter à la rencontre de tribus animistes des environs. Mais celles accessibles depuis le bord de la route semblent relever principalement d’une mise en scène plutôt que d’une culture vraiment authentique. Mais… à vous de voir. 

Bref, nous en avons un peu assez de tous ces blablas qui finissent par nous fatiguenous-mêmes, alors nous troquons ce silence par la magie des photos qui en disent parfois bien plus. A savoir que le Doudou Iphone et toutes ses informations étant désormais entre les mains d’une tierce personne, nous ne pourrons pas vous donner les prix exactes mais il faut compter environ 20 000lak/pers (+parking) pour l’entrée à chaque cascade.

 

Tat Fan

Tat Fan est la cascade la plus célèbre et la plus haute du Laos (120m). Elle est observable depuis un spot qui offre une merveilleuse vue sur l’horizon et également… du wifi gratuit… allez savoir…

Tat Fan

 

Tat Yuang

A chaque cascade, impossible de se retenir de penser « c’est la plus belle que nous voyons » et à chaque nouvelle cascade nos croyances sont sans cesse démenties. Mais ça, on vous laisse constater par vous-mêmes.

Tat Yuang avec un superbe arc-en-ciel

 

 Tat Champi

Et nous finirons ce superbe périple par Tat Champi, la cascade qui donne l’impression d’être seuls au monde et d’avoir découvert un endroit encore (presque) inexploré.

 

Se sentir seul au monde à Tat Champi

 

Après Pakse et le plateau des Bolovens

 

Le périple dans ce magnifique pays qu’est le Laos touchant bientôt à sa fin, nous partons pour notre dernière étape : les 4000 îles dans le sud du Laos où nous aurons le plaisir de fêter l’anniversaire de Flo sur la petite île très touristique de Don Det ! A très bientôt pour de nouvelles images de rêve.

 

Arou & Flo

 

2 Responses to “Laos – De Pakse à Tad Lo, le Plateau des Bolovens

  • Hi guy!! Désolé pour votre sac, C’est trop bête. Le vol est définitivement propre à l’humain.

    J’aime beaucoup la touche féminine : vernis à ongle rose et tee-shirt mouillé au milieu de la jungle 😉

    C’est cascades sont merveilleuses et, comme vous le dites, paraissent tellement authentique. Et puis 120m!! Impressionnant.
    Je viens de vérifier, la plus haute du monde fait…..979m, au Venezuela.

    Bonne route en deux-roue 😉
    Tchao

  • Malheureusement le Venezuela n’est pas au programme du voyage …

    Du coup on se contente des 120m et probablement futurement les chutes d’Iguaçu en Argentine 😉

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